La béance positive repose en elle-même, dans sa plénitude, en sa pleine corporéité. En toute discrétion, se tapit silencieusement la béance qui la fonde de l’intérieur ; lui permettant d’être ce qu’elle est.

     Au sein de la béance positive surgit une cécité, qui, d’une manière fulgurante, traverse sa corporéité. Elle arrache la béance positive à sa plénitude. Cet arrachement sort de la discrétion ce qui, jusque-là, se cachait au sein de la béance positive : la béance. La béance positive se retourne ainsi sur ce qui la fondait secrètement. 

     L’arrachement de la béance positive à sa plénitude transfigure celle-ci en béance. 

     La transfiguration fulgurante de la béance positive à la béance se déroule en un très court instant durant lequel la béance positive entrevoit ce qui se cachait en elle, ce que la survenue fulgurante de la cécité à sorti de la discrétion : la béance. Cette mise au jour de ce qui se cachait s’accompagne d’une sidération devant le béant de la béance. Mais cette sidération est aussi l'espace dans lequel le béant peut se montrer, car la sidération est une suspension du langage et le béant ne peut se montrer que là où il ne peut se dire. Cet instant est l’instant durant lequel la béance est pleinement ce qu’elle est en sa vérité la plus propre. Mais ce béant quoiqu’étant la vérité de la béance, lui est insoutenable. 

     La cécité à dimension monstrueuse est ce qui surgit de soi-même en la béance afin de la sauver du péril qu’elle encoure lorsque de sidération, elle s’étouffe devant son essence béante. Ce qui sauve la béance est ce qui permettrait à celle-ci de retrouver la béance positive qu’elle a perdue. La cécité à dimension monstrueuse recèle en elle la même possibilité que la première cécité : elle a la possibilité de sortir de la discrétion ce qui se fait discret. Ce qui se fait discret, dès lors que la béance est sortie de sa discrétion, est, ce qui seul, permettrait à la béance de retrouver sa positivité : le dieu. Parce que celui-ci a une ampleur pouvant combler le béant de la béance, la cécité à dimension monstrueuse doit avoir de l’ampleur afin de sortir ce corps de sa discrétion. La cécité à dimension monstrueuse en surgissant au sein de la béance projette de sortir le dieu de sa discrétion afin que celui-ci comble le béant de la béance, lui permettant de retrouver sa positivité perdue.  

C’est en incisant le béant de la béance en tant que corps du dieu que la cécité à dimension monstrueuse projette de sortir celui-ci de sa discrétion. 

     Mais l’incision échoue. Du béant, rien ne peut s’inciser. La cécité à dimension monstrueuse reste sans réponse, car la béance est déjà elle-même ce que la cécité à dimension monstrueuse appelle. 

     L’absolue nécessité que la cécité à dimension monstrueuse sorte ce qui se tapit secrètement dans le béant (afin de sauver la béance du péril qu’elle encourt lorsque celle-ci s’étouffe de sidération devant son béant) ; ainsi que son échec à sortir le dieu du béant (dans lequel il se tapit discrètement) ; fît que la cécité à dimension monstrueuse transcenda sa temporalité (c’est-à-dire son advenue au sein de la béance une fois seulement que celle-ci a été arrachée à sa positivité) pour surgir dans la temporalité de la béance positive sous la forme de la première cécité, c’est-à-dire celle qui a surgit pour la première fois au sein de la béance positive. La cécité et la cécité à dimension monstrueuse sont les mêmes, mais dans deux temporalités différentes.

La béance est le dieu lui-même sorti de sa discrétion.